The Louis Vuitton gallery at the Asnières workshops

Louis Vuitton Asnières gallery 1

If you love fashion and luxury, you may have heard of LVMH’s Journées Particulières. For the 3rd time last weekend, the industry leader opened its doors in France and other European countries for us to witness brands’ history and craftsmanship up close. Back in 2013, I visited the Berluti ateliers and the Christian Dior couture salons. This year, I had the chance to admire the Chaumet salons on place Vendôme and also the Louis Vuitton workshop in Asnières-sur-Seine, on the outskirts of Paris.

Si vous aimez le luxe et le savoir-faire, vous avez sans doute entendu parler des Journées Particulières LVMH. Le weekend-dernier, le groupe a ouvert les coulisses de ses maisons en France et en Europe pour la 3ème fois. Lors de la dernière édition en 2013, j’avais visité les ateliers Berluti et les salons couture Christian Dior. Cette année, je me suis rendue dans les salons Chaumet situés place Vendôme, ainsi que dans les ateliers Louis Vuitton à Asnières-sur-Seine.

Ateliers Louis Vuitton Asnières

At Louis Vuitton, the visit took place in two parts. First, we went around the workshop itself. This is where the iconic pieces of the brand are created: trunks, rare leather goods and special orders. It was sadly forbidden to take pictures, but I can tell you that I was impressed by the precious leathers (python, ostrich, porosus…) that we got to touch, by how precise and careful the craftsmen were in their work and by the incredible special orders. For example, our guides showed a trunk designed for celebrity hairdresser John Nollet which was pretty much a portable hair salon, complete with flameless candles and a champagne box. The bed-trunk, originally designed for an explorer, had been recently ordered by a CEO who secretly wished to nap in his office. And we couldn’t help but chuckle at a cute Murakami-monogram trunk with a lipstick pink interior, ordered as a little girl’s toy box.

La visite s’est déroulée en deux temps. Tout d’abord, nous avons découvert les ateliers à proprement dit. C’est là que les artisans réalisent les pièces phares de la marque : malles à structure rigide, modèles en cuirs rares et commandes spéciales. Il était malheureusement interdit d’y prendre des photos. Cependant je peux vous dire que j’ai été impressionnée par les matières précieuses utilisées (python, autruche, porosus…), la précision des gestes des artisans et la folie des commandes spéciales. On a ainsi découvert l’incroyable malle / salon de coiffure portable du coiffeur de célébrités John Nollet, avec emplacement prévu pour bougies électriques et bouteille de champagne. La malle-lit, à l’origine conçue pour un expéditeur, a été commandée récemment par un PDG qui souhaite faire sa sieste discrètement dans son bureau. On a aussi rit devant la malle au logo Murakami avec intérieur rose bonbon… destiné à devenir le coffre à jouets d’une petite fille (riche).

Louis Vuitton Asnières gallery 5

Our guides then took us to another building housing the Louis Vuitton gallery. The objects on display on 2 floors tell us the history of the brand with the first trunks, the sources of inspiration behind the designs and collections by Marc Jacobs and Nicolas Ghesquière. My pictures show the second floor which is dedicated to fashion and bags. The place is rarely open to the public and used more as a training center for Vuitton employees.

Nos guides nous ont ensuite amenés dans un autre bâtiment constituant la galerie Louis Vuitton. Ce lieu d’exposition sur 2 étages contient les pièces de collection retraçant l’histoire de la maison, les sources d’inspiration à travers les âges et les articles de mode dessinés par Marc Jacobs et Nicolas Ghesquière. L’endroit est rarement ouvert au public et sert davantage de point de formation pour le personnel de la maison. Dommage, il gagnerait vraiment à être un lieu d’exposition permanent ! Les photos sont celles du 2ème étage ; le 1er étage est destiné à la naissance de la maison avec les malles et son évolution suivant les progrès des modes de transport.

Louis Vuitton Asnières gallery 4

Luckily for us, Vuitton regulary holds exhibitions, like at the Grand Palais recently or the retrospective at the Musée des Arts Décoratifs, and it was fun to recognize the pieces seen there. I wish I could have spent more time in this gallery: the history of the brand is really interesting and it is fascinating to see how it transitioned into a leading luxury brand with its fashion collections over the past 20 years.

On redécouvre dans la galerie les pièces des récentes expositions Louis Vuitton, que ce soit celle du Grand Palais fin 2015 ou la rétrospective mode du Musée des Arts Décoratifs. J’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir ce lieu : la maison a une histoire passionnante et a su se réinventer avec une créativité débridée sur les 20 dernières années. Il était intéressant de voir se confronter des pièces d’époques aussi différentes dans une seule pièce.

Louis Vuitton Asnières gallery 2Looks from Marc Jacobs’s last collection for Louis Vuitton. On the left: a trunk made to carry 36 (!) pair of shoes

Louis Vuitton Asnières gallery 3Silhouettes designed by Paul Poiret, an inspiration for the brand, and trunks that belonged to him. In the front, glass trunks designed by Nicolas Ghesquière.

Louis Vuitton mini malleThe Mini Malle, a clutch designed by Nicolas Ghesquière which uses the codes from the original (and much larger) Louis Vuitton trunk

Louis Vuitton window display elephant

Louis Vuitton Asnières gallery 6Silhouettes inspired by artists and designed by Marc Jacobs. In the back, projections of the Louis Vuitton Foundation. I highly recommend you visit this amazing building!

Louis Vuitton Asnières gallery 7Two white silhouettes: on the left, a design by Marc Jacobs for his first Louis Vuitton collection; on the right, design by Nicolas Ghesquière

Buttons through the ages at the Musée des Arts Décoratifs

YSL button

The button tray from Yves Saint Laurent’s couture atelier

So you thought buttons were just a detail? The lovely exhibition Unbutton Fashion at the Musée des Arts Décoratifs will prove you wrong. Buttons held a central place in fashion history, revealed social positions (often higher class) and mirrored major social events. Some of them are like small jewels, not to mention miniature art pieces.

On peut penser que le bouton n’est qu’un détail. Détrompez-vous ! A travers la belle exposition Déboutonner La Mode au Musée des Arts Décoratifs, on apprend à quel point il a tenu une place centrale dans l’histoire de la mode. Symbole de codes sociaux, reflet des bouleversements de son époque, il a eu bien plus qu’un simple aspect fonctionnel. Certains sont même des petits bijoux quand ils ne sont pas carrément des œuvres d’art miniatures.

Comme d’habitude, le Musée des Arts Décoratifs a très bien fait les choses pour cette exposition de mode. Le parcours retrace l’histoire de cet ornement du 18ème au 20ème siècle avec des commentaires détaillés et pertinents. Les belles pièces (une centaine de vêtements et boutons) s’enchaînent sur deux étages. Bref, je vous recommande vivement la visite ! Pour ceux qui ne peuvent s’y rendre, voici quelques photos et commentaires.

Bouton Arts Décos 18ème 1

Bouton Arts Décos 18ème 2

Boutons Arts Décos Revolution

Bouton Arts Décos fin 18ème

Boutons Arts Décos Pierre précieuses

Buttons used to be exclusive to menswear. In the 18th century, they would decorate clothes as did embroideries and revealed the social position of the owner. After the French Revolution, buttons became miniature paintings. At the end of the century, menswear became more minimalistic and codified. However, buttons became true luxury objects and resembled jewelry.

Le bouton est d’abord une affaire d’hommes. Au 18ème siècle, il orne les vêtements des nobles et riches bourgeois, tels les broderies, et participe ainsi à définir les codes sociaux. A la Révolution, il devient tableau miniature. On change alors de bouton au gré de son humeur en choisissant le thème adéquat : nature, amour, paysage… A la fin 18ème siècle, on revient à plus de sobriété avec un port du vêtement très codifié. Ceux-ci peuvent être de véritables objets de luxe, empruntant à la joaillerie ses techniques et matières. 

Bouton Arts Décos Hussard 1

Bouton Arts Décos Hussard 2

Bouton Arts Décos 19ème

Under Napoleon’s reign, menswear became inspired by military uniforms and buttons took center stage. Afterwards, fashion became minimalistic again. Buttons then structured the silhouette and were seen as objects of refinement.

Vers 1808 sous le règne de Napoléon 1er, le vêtement masculin prend une inspiration militaire à la hussarde et le bouton revient au centre du vêtement. C’est tout le contraire qui se passe ensuite. Le vestiaire masculin se débarrasse du superflu pour plus de sobriété. Le bouton souligne alors la ligne et contribue au raffinement de la silhouette.

Bouton Arts Décos 19ème Femme

Arts Décos bouton japonisme

On the contrary, buttons appeared in womenswear inspired by English fashion. In the 1880s, they were positioned in the back and the help of a maid was necessary to get dressed. Button really exploded as an industry at the time, employing as far as 30,000 people. No wonder, as they were everywhere, from lingerie to shoes, and in great quantity. Under the influence of Art Nouveau, buttons became more precious and ornated clothes as jewels. When Paul Poiret liberated women from corsets in the 1910s, buttons structured the dresses and this fashion was dominant over the following decades.

A l’inverse, les boutons réapparaissent dans la mode féminine soumise à l’influence anglaise. Vers 1880, ils sont positionnés dans le dos, nécessitant l’aide d’une femme de chambre pour se vêtir. Pendant la seconde moitié du 19ème siècle, l’industrie du bouton se développe avec la révolution industrielle, allant jusqu’à employer 30 000 personnes. On trouve alors des catalogues entiers de modèles dans les premiers grands magasins. C’est que le bouton orne tout, même les sous-vêtements et les chaussures, et ce en grandes quantités. Sous l’influence du Japonisme et de l’Art nouveau, le bouton se fait plus précieux et devient un véritable ornement, comme un bijou. Dans les années 1910, Paul Poiret débarrasse les femmes du corset. C’est alors le bouton qui structure la silhouette et définit la structure de la robe. Cette tendance se poursuit dans les décennies suivantes.

Arts Décos Boutons noir blanc

With World War II and ensuing shortages, buttons lost their importance in fashion. They took center stage again in the 1950s with the golden age of haute couture, as ornaments of sophistication and refinement. Christian Dior would say that buttons “could even help to give a meaning to a dress”.

Avec la guerre et ses pénuries, le bouton perd de son importance. Il faudra attendre les années 1950 et le développement de la haute-couture pour qu’il retrouve de sa superbe. Les boutons prennent alors l’aspect de bijoux fantaisie. Christian Dior dira qu’ils « peuvent même aider à donner à une robe tout son sens ». Il contribue à faire oublier une époque difficile pour se plonger dans la sophistication, la féminité et le raffinement.

Bouton Arts Décos Christian Dior

Boutons Arts Décos Christian Dior robe rougeChristian Dior

Bouton Arts Décos ChanelChanel

Bouton Arts Décos BalenciagaBalenciaga

Boutons Arts Décos YSLYves Saint Laurent

Unbutton Fashion is on show at the Musée des Arts Décoratifs until July 19th.

Difficile de ne pas se laisser séduire par l’élégance du bouton après cette exposition que vous pouvez voir jusqu’au 19 juillet.