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Buttons through the ages at the Musée des Arts Décoratifs

YSL button

The button tray from Yves Saint Laurent’s couture atelier

So you thought buttons were just a detail? The lovely exhibition Unbutton Fashion at the Musée des Arts Décoratifs will prove you wrong. Buttons held a central place in fashion history, revealed social positions (often higher class) and mirrored major social events. Some of them are like small jewels, not to mention miniature art pieces.

On peut penser que le bouton n’est qu’un détail. Détrompez-vous ! A travers la belle exposition Déboutonner La Mode au Musée des Arts Décoratifs, on apprend à quel point il a tenu une place centrale dans l’histoire de la mode. Symbole de codes sociaux, reflet des bouleversements de son époque, il a eu bien plus qu’un simple aspect fonctionnel. Certains sont même des petits bijoux quand ils ne sont pas carrément des œuvres d’art miniatures.

Comme d’habitude, le Musée des Arts Décoratifs a très bien fait les choses pour cette exposition de mode. Le parcours retrace l’histoire de cet ornement du 18ème au 20ème siècle avec des commentaires détaillés et pertinents. Les belles pièces (une centaine de vêtements et boutons) s’enchaînent sur deux étages. Bref, je vous recommande vivement la visite ! Pour ceux qui ne peuvent s’y rendre, voici quelques photos et commentaires.

Bouton Arts Décos 18ème 1

Bouton Arts Décos 18ème 2

Boutons Arts Décos Revolution

Bouton Arts Décos fin 18ème

Boutons Arts Décos Pierre précieuses

Buttons used to be exclusive to menswear. In the 18th century, they would decorate clothes as did embroideries and revealed the social position of the owner. After the French Revolution, buttons became miniature paintings. At the end of the century, menswear became more minimalistic and codified. However, buttons became true luxury objects and resembled jewelry.

Le bouton est d’abord une affaire d’hommes. Au 18ème siècle, il orne les vêtements des nobles et riches bourgeois, tels les broderies, et participe ainsi à définir les codes sociaux. A la Révolution, il devient tableau miniature. On change alors de bouton au gré de son humeur en choisissant le thème adéquat : nature, amour, paysage… A la fin 18ème siècle, on revient à plus de sobriété avec un port du vêtement très codifié. Ceux-ci peuvent être de véritables objets de luxe, empruntant à la joaillerie ses techniques et matières. 

Bouton Arts Décos Hussard 1

Bouton Arts Décos Hussard 2

Bouton Arts Décos 19ème

Under Napoleon’s reign, menswear became inspired by military uniforms and buttons took center stage. Afterwards, fashion became minimalistic again. Buttons then structured the silhouette and were seen as objects of refinement.

Vers 1808 sous le règne de Napoléon 1er, le vêtement masculin prend une inspiration militaire à la hussarde et le bouton revient au centre du vêtement. C’est tout le contraire qui se passe ensuite. Le vestiaire masculin se débarrasse du superflu pour plus de sobriété. Le bouton souligne alors la ligne et contribue au raffinement de la silhouette.

Bouton Arts Décos 19ème Femme

Arts Décos bouton japonisme

On the contrary, buttons appeared in womenswear inspired by English fashion. In the 1880s, they were positioned in the back and the help of a maid was necessary to get dressed. Button really exploded as an industry at the time, employing as far as 30,000 people. No wonder, as they were everywhere, from lingerie to shoes, and in great quantity. Under the influence of Art Nouveau, buttons became more precious and ornated clothes as jewels. When Paul Poiret liberated women from corsets in the 1910s, buttons structured the dresses and this fashion was dominant over the following decades.

A l’inverse, les boutons réapparaissent dans la mode féminine soumise à l’influence anglaise. Vers 1880, ils sont positionnés dans le dos, nécessitant l’aide d’une femme de chambre pour se vêtir. Pendant la seconde moitié du 19ème siècle, l’industrie du bouton se développe avec la révolution industrielle, allant jusqu’à employer 30 000 personnes. On trouve alors des catalogues entiers de modèles dans les premiers grands magasins. C’est que le bouton orne tout, même les sous-vêtements et les chaussures, et ce en grandes quantités. Sous l’influence du Japonisme et de l’Art nouveau, le bouton se fait plus précieux et devient un véritable ornement, comme un bijou. Dans les années 1910, Paul Poiret débarrasse les femmes du corset. C’est alors le bouton qui structure la silhouette et définit la structure de la robe. Cette tendance se poursuit dans les décennies suivantes.

Arts Décos Boutons noir blanc

With World War II and ensuing shortages, buttons lost their importance in fashion. They took center stage again in the 1950s with the golden age of haute couture, as ornaments of sophistication and refinement. Christian Dior would say that buttons “could even help to give a meaning to a dress”.

Avec la guerre et ses pénuries, le bouton perd de son importance. Il faudra attendre les années 1950 et le développement de la haute-couture pour qu’il retrouve de sa superbe. Les boutons prennent alors l’aspect de bijoux fantaisie. Christian Dior dira qu’ils « peuvent même aider à donner à une robe tout son sens ». Il contribue à faire oublier une époque difficile pour se plonger dans la sophistication, la féminité et le raffinement.

Bouton Arts Décos Christian Dior

Boutons Arts Décos Christian Dior robe rougeChristian Dior

Bouton Arts Décos ChanelChanel

Bouton Arts Décos BalenciagaBalenciaga

Boutons Arts Décos YSLYves Saint Laurent

Unbutton Fashion is on show at the Musée des Arts Décoratifs until July 19th.

Difficile de ne pas se laisser séduire par l’élégance du bouton après cette exposition que vous pouvez voir jusqu’au 19 juillet.

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ALAÏA at Palais Galliera

Alaia Galliera Paris 5

Today is the last day to catch the Palais Galliera’s ALAÏA, the fashion exhibition of the moment in Paris. 70 pieces of the Tunisian-born designer are on show, retracing his work since the establishment of his brand in 1979.

C’est le dernier jour aujourd’hui pour vous rendre au Palais Galliera et voir ALAÏA, l’exposition mode du moment à Paris. 70 modèles content le parcours du couturier parisien d’origine tunisienne Azzédine Alaïa depuis la création de sa marque en 1979.

Alaia Galliera Paris 1

Housing the Museum of Fashion in Paris, the Palais Galliera reopened its doors in September 2013 for the ALAÏA exhibition after 3 years of extensive renovations. I was expecting a lot from the place after hearing so many positive reviews, and alas I was disappointed. I’m not sure the Palais itself is at fault though; it has more to do with the exhibition’s design. The layout in the first room, which happens to be large and dark, prevents any kind of intimacy and emotion with the visitor. Also, the comments on each piece are detailed and interesting but they are displayed on the floor. When it’s crowded (and that seems to always be the case), it’s hard to read and take the time to look at the clothes at the same time so in the end it makes for a frustrating experience.

Abritant le Musée de la Mode, le Palais Galliera a rouvert ses portes pour l’occasion en septembre 2013 suite à 3 ans de travaux. J’attendais beaucoup de ce lieu après avoir entendu tant de critiques élogieuses… et ce fut la déception. La faute sans doute à la mise en scène de l’exposition. Elle commence dans une grande salle sombre où l’agencement des robes empêche toute intimité et émotion. En plus, les explications pour chaque pièce sont détaillées et intéressantes mais posées à même le sol. Difficile quand il y a du monde de les lire et de prendre le temps de regarder les vêtements, alors à la fin on ne retient pas grand-chose.

Alaia Galliera Paris 4

As I said, this was not love at first sight. The gowns in this wide empty space were disappointing. Where was the sexiness and power I thought every Alaïa-designed item embodied? In fact, I wished I could see these dresses hugging sensual curves like Naomi’s, the designer’s muse, not hanging aimlessly in a cold room. Come to think of it, this might be the point in Alaïa’s style: the woman makes the clothes, and not the other way around. As he said, “I make clothes, the women make fashion…”

Vous l’aurez compris, je n’ai pas eu le coup de foudre pour ces robes Alaïa dans ce grand espace sombre. Présentées seules, elles sont comme vidées de leur sens et on regrette de ne pas les voir portées. On se plait à imaginer les tissus enveloppant des courbes sensuelles. Celles de la féline muse Naomi Campbell par exemple. Mais peut-être est-ce justement là une qualité du style Alaïa : mettre en valeur la femme sans que l’habit ne prenne le dessus. Il dit d’ailleurs « Je fais des vêtements, elle font la mode… »

Alaia Galliera Paris 2

Alaia Galliera Paris 6

Let’s dig deeper: what is the Alaïa style? Tight gowns, so figure-hugging they look like a second skin. Black to bring out the quality of the design, dresses with hoods, leopard, grommets… Comparisons with Madeleine Vionnet for her bias cut. Muses such as Tina Turner, Grace Jones and Rihanna.

Mais qu’est-ce que le style Alaïa justement ? Des robes près du corps, moulantes au point où on jurerait qu’elles ont été créées sur celle qui les portent comme une seconde peau. On voit des thèmes récurrents : le noir pour mettre en valeur la coupe, les robes à capuche, l’imprimé panthère, les œillets… La comparaison avec Madeleine Vionnet pour sa coupe en biais. Des muses : Tina Turner, Grace Jones et plus proche de nous Rihanna.

Alaia Galliera Paris 3

The exhibition mentions several times that Alaïa is special in the sense that he does not organize shows like other brands, or at least not at the same time. Coming out of the Palais, it’s hard to understand why he can afford to do this, remain relatively secretive, and still be popular in the fashion world – and that is where the Musée de la Mode fails. The items on display show an old glory from the 1980s and 1990s with a je ne sais quoi of vulgarity about them.

L’exposition met bien en avant le statut particulier d’Alaïa dans le sens où il ne respecte pas le calendrier traditionnel de la mode avec ses défilés. C’est là justement que le Palais Galliera échoue à nous faire comprendre en quoi ces collections sont si exceptionnelles et pourquoi le couturier peut se permettre ce comportement, jouer la confidentialité, tout en étant vénéré des personnalités de ce milieu. On retient des pièces exposées un style d’une gloire passée, plutôt années 1980-90, parfois avec un je ne sais quoi de vulgaire.

Alaia Musee Art Moderne 1

Alaia Musee Art Moderne 2

You have to walk 5 minutes away to the Musée d’Art Moderne (free access) to truly grasp what Alaïa is all about. The few looks on display in the Matisse Room render a power that is difficult to measure with, highlighted by the softness of the painter’s sensuality. The corseted gown with the large skirt had the same effect on visitors as a piece of art, making them pause and wonder. This reminded me of the beautiful Madame Grès exhibition with the pleats of the dresses echoing the surrounding sculptures in the Musée Bourdelle. This show too was organized by the Musée de la Mode. Maybe they have to take their collections out of the Palais Galliera and confront them with other works of art to light the spark…

Il faut se rendre au Musée d’Art Moderne (accès gratuit) à quelques minutes de là pour se rendre compte de la puissance des vêtements Alaïa. D’autres pièces du couturier sont exposées dans la Salle Matisse et sont mises en valeur avec une harmonie surprenante face à la sensualité du peintre. On découvre une veste imitant la carapace d’un alligator et une robe corsetée à jupe ample, véritable œuvre d’art. Cela rappelle la superbe exposition de Madame Grès dont les plissés des robes intemporelles se mariaient aux sculptures du Musée Bourdelle. A croire que pour nous émouvoir, le Palais Galliera doit montrer ses collections hors les murs…

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